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CAPSULE VIN - Jeudi 11 avril 2024

Clos de VOUGEOT

Cela fait un quand même un petit moment que je n’avais pas fait une chronique sur une quelconque région ou sur un domaine en particulier mais ce soir je vous propose une page d’histoire avec  peut-être ce qui rapproche le plus le vin et la religion, soit le Clos de Vougeot.

On ne sait pas exactement de quand datent les murs d’enceinte du clos : il est fait mention en 1211 d’un clausum à Vougeot, et en 1228 du grand clos de Cîteaux à Vougeot. On cite souvent à ce sujet l’année 1336, signalée par Camille Rodier comme marquant l’achat de la dernière parcelle de vignes du Clos. Jean-François Bazin, cependant, situe la construction du mur bien plus tardivement. Il est avéré que la partie des Petits Musigny comprise dans le Clos, et acquise par Cîteaux avant 1154, était en dehors les limites des murs au moment de la rédaction de l’Atlas de Cîteaux au XVIII siècle, qui recensait 137 journaux à l’exclusion des Petits Musigny, du périmètre en friches et des bâtiments.

L’abbaye de Cîteaux fut fondée en réaction contre une décadence qu’incarnait la maison mère de Cluny, de façon à faire revivre l’austère règle de saint Benoit. Bernard de Clairvaux contribua à son dynamisme et à son expansion, et l’ordre se développa considérablement durant le XIII è siècle, sombrant finalement dans les mêmes travers que dénonçaient ses fondateurs à propos de Cluny.

L’historique de l’une des régions viticoles les plus fascinantes d’Autriche est passionnant. Au fil de millions d’années, le Danube a creusé ses méandres dans les gneiss et amphibolites dures. Les sols composés des roches cristallines des terrasses sont d’excellentes zones pour le Riesling. Pendant les ères glaciaires à faible végétation, les poussières emportées par le vent se sont déposées à l’abri des montagnes pour former des sédiments de lœss sur les faces orientales des pentes cristallines. Ici croissent quelques-uns des Grüner Veltliner les plus réputés et corsés. Les conditions géologiques des terrains, alliés aux terrasses de pierres construites dès le Moyen Age sous la tutelle des abbayes bavaroises, afin d’exploiter les meilleures zones pentues, caractérisent le paysage viticole typique de la Wachau. Les vins produits à Vougeot étaient devenus des armes politiques, à telle enseigne qu’en 1364 le pape Urbain V interdit à l’abbaye de Cîteaux d’offrir du vin à quelque cardinal que ce soit, voire au pape, sous peine d’excommunication. Cela n’empêcha pas son successeur, le pape Grégoire XI, d’accepter en cadeau trente tonneaux de clos-de-Vougeot expédiés par l’abbé Jean de la Bussière qui, pour toute punition, reçut la pourpre cardinalice (vêtement de cardinal). La révolution française sonna le glas de l’abbaye. Les bâtiments furent saisis - l’un des jeunes officiers chargés de cette tâche était un certain lieutenant Bonaparte.

Clos de VOUGEOT
Clos de VOUGEOT
Clos de VOUGEOT

Les moines furent expropriés du Clos, vendu aux enchères en 1791, passant ensuite entre les mains de plusieurs hommes d’affaires plus ou moins honorables avant d’échoir à Julien-Jules Ouvrard, le fils du banquier de Napoléon, Gabriel-Julien Ouvrard. Le Clos resta dans la famille Ouvrard jusqu’à sa vente en 1889 à six négociants bourguignons, dont Mongeard-Mugneret, Liger-Bélair et Labouré. De six, ils devinrent quinze propriétaires, tous locaux : MM, Rebourseau, Senard et Champy s’ajoutèrent, entre autres. 

Le plus gros acheteur fut Léonce Bocquet, qui acquit 15 hectares de vignes en même temps que les bâtiments. Il fut le seul à ne pas replanter les vignes sur porte-greffes américains, à l’arrivée du phylloxéra, et de fait sa parcelle avait fini par dépérir complètement durant la première guerre mondiale. Elle fut mise en vente en 1920 – un cartel de vignerons de Vosne-Romanée  mit alors un point d’honneur à ne rien laisser échapper qui put finir entre des mains étrangères, et ce furent 22 acheteurs, dont 14 de Vosne ou de Flagey, emmenés par Étienne Camuzet, qui emportèrent les 15 hectares de Bocquet, s’assurant ainsi de la part du lion de la vente. La plus petite parcelle mesurait seulement 4 ouvrées, soit 17 ares. Avec cette vente s’achevait le processus de fragmentation du Clos, passé d’une seule entité en 1889 à près de 40 propriétés en 1920, et environ 80 aujourd’hui, en raison notamment des partages intrafamiliaux.

Mais le vignoble lui est resté d’un bloc, et ses 50 hectares, quoique de nature hétérogène, ont tous été classés en grand cru à la création des appellations d’origine contrôlée. Un coup d’œil à une carte de la Côte laisse tout de même de quoi s’interroger : si le classement en grand cru de la partie supérieure du Clos semble cohérent, le reste s’avère pris entre des Vosne-Romanée village et des premiers crus Vougeot (en vert sur la carte ci-contre, à une hauteur d’environ 250 mètres d’altitude, donc habituellement trop bas pour un grand cru). Il est probable que les moines avaient pour habitude d’assembler les raisins de l’ensemble des parcelles. La légende veut que le haut du Clos ait été réservé aux papes et aux rois, le milieu aux évêques, et le bas au commun des mortels. Mais on ne trouve nulle part mention de cette répartition qui semble avoir pris vie sous la plume du Dr Morelot en 1831. Aujourd’hui, seuls un ou deux producteurs sont propriétaires à différents endroits du Clos, mais l’immense majorité des cuvées provient d’un seul site bien précis du grand cru.

On ne saurait manquer de s’enquérir de la parcelle d’où provient un clos-de-vougeot, un vin dont on s’attend à ce qu’il soit massif, sombre, ferme de structure et adossé à de gros tanins, car finalement, le Clos est pris en sandwich entre 2 villages réputés incarner la finesse, Vosne et Chambolle : le premier alliant finesse et puissance, le second finesse et grâce. De fait, la typicité d’un clos-de-vougeot dépendra grandement de sa localisation exacte.

Au sommet du Clos, on trouve un sol d’une quarantaine de centimètres d’épaisseur, sur un sous-sol de calcaires du bajocien. À mi-pente, le sol devient sensiblement plus argileux, et en bas, il s’épaissit encore et devient alluvionnaire, reposant sur un sous-sol marneux.

Clos de VOUGEOT
Clos de VOUGEOT

Le Clos lui-même est riche en lieux-dits (voir photo), mais la plupart sont rarement utilisés, à l’exception de quelques-uns  le Grand Maupertuis (près des Grands Échezeaux) et En Musigni (très logiquement situé en dessous de Musigny). À part du grand cru, ne pas oublier les premiers crus comme le Clos Blanc ou La Vigne Blanche (chardonnay) que les moines avaient l’habitude de le désigner comme Le Petit Clos Blanc puisque depuis son achat en 1110, ils l’avaient planté en vignes blanches. Il appartient aujourd’hui en monopole au domaine de la Vougeraie (Boisset), qui baptise sa cuvée Le Clos blanc de Vougeot. Le Clos de la Perrière désigne l’ancienne carrière de pierres qui appartenait aux moines de Cîteaux et qui servit à construire l’abbaye. Situé juste en-dessous des Amoureuses, le Clos de la Perrière fut planté en blanc en 1855. Mais son propriétaire actuel, le domaine Bertagna, l’a converti en rouge.

Les Cras sont directement plantés sur le caillou, comme le nom du lieu-dit l’indique. Les Cras sont plus bas en altitude et tendent à donner des vins plus fermes. Les Petits Vougeots : les moines l’appelaient le Petit Clos Noir pour le distinguer de leur Clos Blanc voisin. Quand on quitte l’allée du château du Clos Vougeot, on voit sur la gauche le Clos de la Perrière, Le Clos Blanc sur la droite et les Petits Vougeots juste en face. La partie la plus basse est classée en Vougeot village. Le principal producteur est le domaine Bertagna, qui y produit du rouge et du blanc, aux côtés de Christian Clerget. Plusieurs entrées sont utilisées par les domaines pour aller à leurs vignes, je vous montre quelques-unes d’entre elles et je vous mets le lien pour aller voir les autres, très intéressants encore une fois.

https://www.burgundy-report.com/burgundy-report-extra/10-2004/the-clos-de-vougeot/

Clos de VOUGEOT
Clos de VOUGEOT
Clos de VOUGEOT
Clos de VOUGEOT

Le château de la Tour de Vougeot est le lieu de rassemblement des Chevaliers du Tastevin.

Le Tastevin en réalité, fut la renaissance de certaines confréries bachiques des XVII et XVIII siècles qui étaient tombées dans l’oubli. Cette résurrection s’imposait pour des raisons économiques : la mévente des vins de Bourgogne consécutive à la crise mondiale. Alors que les esprits se laissaient aller au marasme et aux craintes engendrées par cette crise économique, deux bourguignons dynamiques de Nuits-St-Georges, Georges Faiveley et Camille Rodier, s’étaient réunis avec des amis dans une cave propice aux courageuses pensées. Son acte de naissance est signé le 16 novembre 1934. Après la libération de la France en 1944, son premier acte fut d’acquérir le château du Clos de Vougeot ce qui allait lui permettre d’avoir pignon sur vignes. 

Références de Jasper Morris.

Domaines phares, si jamais vous prenez possession d’un Clos de Vougeot.

Anne Gros et son Grand Maupertui - Denis Mortet – Jean Grivot – Mugneret-Gibourg – Méo Camuzet – Ponsot –

Et surtout Leroy, si vous en avez les moyens.

Clos de VOUGEOT
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