CAPSULE VIN - Mardi 9 avril 2024
Clos de TART
Bonsoir à vous.
Cette fois-ci, je vous emmène encore en cette merveilleuse Bourgogne, empreinte de tant d’histoires monastiques et de longue hiérarchie de terroirs.
Le Clos de Tart, à Morey-Saint-Denis, s’étend sur 7,5 hectares et est entouré de murs en pierres sèches qui affirment son identité. Il doit son existence à l’abbaye de Tart à laquelle il appartenait, en fait c’est le Clos (de l’abbaye) de Tart. Elle avait été fondée vers 1120, dans le village de Tart, devenu Tart-l’Abbaye. C’est la première abbaye féminine de l’ordre cistercien. Elisabeth de Vergy resta 40 ans durant à la tête de l’abbaye. Dès 1125, l’abbaye était richement dotée, en terres notamment. Les religieuses achetèrent par la suite en 1141, à Gérard, frère convers et prieur de la Maison-Dieu de Brochon, tout ce que possédait cette maison en vignes et en friches à Morey. Ils avaient notamment une vigne sise au lieu-dit La Forge, qui se trouve aujourd’hui dans le Clos de Tart (et qui est aussi le nom de son 2è vin).


C’est au milieu du XIIIe siècle que le patrimoine de l’abbaye fut le plus important. Pendant 200 cents ans, les moniales conduisirent une habile politique de dons, d’échanges et d’exemptions, avec l’appui de la famille Mon-St-Jean. En 1251, elles obtinrent le droit de faire vendanger leur Clos quand il leur plairait, avant, pendant ou après le ban des vendanges. À partir de la fin du XIIIe siècle, le domaine connut de grandes difficultés. Les dons importants avaient disparu, les religieuses ne pouvaient plus agrandir leur patrimoine par des achats.
Guerres et épidémies sévirent jusqu’en 1450. Puis l’abbaye reprit son activité et les religieuses, qui étaient désignées sous le nom de Dames de Tart, achetèrent en 1570, un nouveau pressoir dit, Perroquet à corde continue que l’on peut voir dans l’ancienne cuverie. À la fin du XVI è siècle et peu après aussi, l’abbaye traversa des moments difficiles, sombra dans le relâchement des mœurs et les dérèglements criants.
Seuls 4 propriétaires se sont succédé depuis 1141, les religieuses, puis les Marey-Monge qui achetèrent le Clos en 1791 et le gardèrent jusqu’en 1932, avant de le vendre au Mommessin pour 400 000 francs. Puis en 2017, qui d’autres que François Pineault, propriétaire du château Latour à Bordeaux, du château Grillet à Condrieu, du Domaine d’Eugénie à Vosne-Romanée, Araujo Estates à Napa, pour donner 280 millions d’euros pour 7,5 hectares de vignes, ah le pauvre.
